Écoutez l’interview :

 

 

Cyril GOUSSE :

Il faut déjà comprendre que le haut débit, d’après le régulateur des télécom, c’est 0,5 Méga.
La grande majorité des foyers du Comminges sont actuellement couverts avec un débit internet de 0,5 Méga.
Ce débit était suffisant au début des années 2000, mais il est maintenant compliqué de surfer sur internet avec si peu de débit.
En d’autres termes, en Comminges, il peu de zones où le haut débit n’est pas disponible, mais 0,5 Méga a du mal à satisfaire un internaute en 2016.

Éric LECLERT, journaliste :

Dans le Comminges, quels sont les moyens proposés pour se connecter à internet ? Via l’ADSL ?

Cyril GOUSSE :
Il y a l’ADSL effectivement, elle a été mise en place dans les années 2000 et et la technologie est aujourd’hui un peu obsolète.
L’ADSL vise à ré-exploiter les lignes téléphoniques pour y faire passer de l’internet, alors que cela n’était pas du tout prévu pour cela.C’est une « bidouille » qui devait être provisoire mais qui est finalement restée définitive et on se retrouve aujourd’hui avec des personnes qui n’arrivent pas à disposer d’un débit suffisant pour surfer sur internet correctement.

Différentes alternatives existent, par exemple la 4G ou les connexions satellitaires, avec des contraintes de débit et de quotas.
Les quotas visent à limiter l’utilisation que vous faites d’internet : si vous surfez trop, la vitesse sera ralentie ou votre accès internet totalement coupé.
De plus, tous les usages ne sont pas possibles. Avec le satellite il sera par exemple difficile de téléphoner à cause du délai induit par les 36 000 Km qui séparent la terre du satellite. Le décalage sonore nous fait replonger à l’époque du talkie-walkie où il fallait parler à tour de rôle pour arriver à se comprendre.

Éric LECLERT, journaliste :
Il y a Comminges Haut Débit qui peut proposer une alternative ?

Cyril GOUSSE :
Effectivement, une initiative locale s’est mise en place il y a maintenant 6 ans.
L’association à but non lucratif Comminges Haut Débit est un opérateur déclaré, non subventionné et exclusivement financée le prix des abonnements internet fournis à ses adhérents (25 € / mois).
Elle permet d’obtenir, pour un coût très faible, un accès illimité avec des débits proches de 100 Mégas dans certaines zones et dans la majorité des cas supérieurs à 20 Mégas en envoi et en réception.
La solution est disponible même dans des zones mal desservies par les grands opérateurs commerciaux. En effet, l’objectif de l’association est de redistribuer l’argent collecté dans des zones isolées : ce sont les zones denses qui payent pour les autres.

Éric LECLERT, journaliste :
Quel est l’avenir ? Qu’est ce qui est envisagé pour l’implantation du très haut débit en Comminges ?

Cyril GOUSSE :
Le Conseil Départemental de la Haute Garonne annonce des plans numériques depuis 2007, avec des budgets alloués conséquents, et nous pouvons voir que pour l’instant le résultat n’est pas vraiment au rendez-vous.
Il y a toujours des problèmes et de petites associations ont encore besoin d’exister, elles font mieux qu’avec des investissements publics de dizaines de millions d’euros.

Le Conseil Départemental de la Haute Garonne a lancé un nouveau plan numérique, avec de nouveaux investissements conséquents.
Il amène à peu près les mêmes promesses que le précédent lancé il y a 10 ans.
On peut donc se poser la question de l’avenir de ces solutions et surtout des dépenses publiques rattachées, financées par nos impôts.