La belle et incroyable histoire de Tetaneutral.

Voilà un opérateur internet à très haut débit, dont les membres sont bénévoles et donc le but n’est pas de faire de bénéfices.
L’association, née dans le Comminges, a mis en place pour de petits village un réseau internet qui coûte moins cher et qui fonctionne mieux que dans les grandes villes.

En matière d’internet on aura tout vu, parfois le pire, mais ça peut aussi réserver le meilleur.
En voici l’exemple, ça se passe dans le Comminges, au sud de Toulouse, dans ce coin de campagne une association a décidé de devenir fournisseur d’accès à internet.
Les internautes jusque là boudés par les grands opérateurs sont évidemment ravis.

 

Dans ce creux du Comminges, le débit internet est meilleur que dans le centre ville de Saint Gaudens.
D’un clocher d’église à l’autre, d’un château d’eau au toit des voisins, l’internet saute par dessus les collines.
À Larcan, l’église comptes trois antennes.

Laurent G. : « La première antenne reçoit le signal qui nous rapproche de Saint Gaudens où il y a l’accès à internet. Et ensuite, avec les deux autres antennes, on la dispatche vers d’autres adhérents. »

Soit 80 antennes.
Cet opérateur à but non lucratif a ainsi maillé le Comminges qui n’intéresse ni Orange, ni SFR, ni Free. Une victoire sur le dictat de rentabilité des grands opérateurs et leur abandon des zones dépeuplées.

Philippe R. : « Si je voulais regarder une petit vidéo, ça s’arrêtait toutes les trois secondes pour charger puis ça reprenait, c’était un peu pénible. Maintenant je garde la vidéo d’un coup, il n’y a plus aucun souci. Les fournisseurs d’accès traditionnels ne font absolument aucun effort quand on habite en pleine campagne. On passe également beaucoup de temps au téléphone dès que l’on a un petit souci, maintenant je n’ai plus ce problème là. »

Il paye 25 €, le prix de l’accès à internet.

Ce service tient à une poignée de bénévoles qui installent de nouvelles antennes au fur et à mesure de la demande.
Mais l’origine de l’association est plus militante encore, ils luttent pour garder un internet libre.

Laurent G. : « Le fournisseur d’accès a un certain pouvoir vis-à-vis de ce que vous pouvez aller voir. Quand l’opérateur Free a décidé de mettre en place un service de filtrage de la publicité, ils ont filtré les publicités de Google mais pas celles du journal Le Monde, Xavier Niel est Président de Free mais également actionnaire du journal Le Monde. »

Vigilants, ils revendiquent la liberté citoyenne mais aussi l’égalité et pas seulement en campagne : l’association a connecté gratis une douzaine de squats à Toulouse.