Le Parisien Magazine - 14 Février 2014Il apportent le web au village

En Haute-Garonne, une association lutte contre la fracture numérique en raccordent au haut débit des zones isolées.

À Martres-de-Rivière (Haute-Garonne), Internet était devenu la bête noire de Françoise Bouchart. « On n’est pourtant pas au bout du monde ! » s’énervait-elle face à la lenteur de sa connexion. Faute de rentabilité, les opérateurs délaissent techniquement les zones peu peuplées, comme ce village isolé des Pyrénées, situé à 8 kilomètres de Saint-Gaudens. Et les autres solutions, comme le WiMax, une sorte de super Wi-Fi, ou le Web par satellite, ne sont pas accessibles à toutes les bourses. Résultat : quand Laure, la fille de Françoise, rentrait du collège, elle devait patienter lontemps devant son écran avant que Google ne s’affiche.

Pas plus cher qu’un abonnement classique

Depuis octobre 2013, la famille Bouchart a retrouvé le sourire à l’heure des devoirs. Avec l’appui des ingénieurs réseau bénévoles de l’association toulousaine Tetaneutral, une Toile solidaire s’est tissée. Douze câbles de fibre optique ont été tirés entre Toulouse et Saint-Gaudens, distantes de 100 kilomètres. Le signal à très haut débit est ensuite pris en charge par une fréquence radio via des relais installés chez 180 adhérents. Ceux-ci paient 28 euros par mois, location du matériel incluse, soit le prix de n’importe quel abonnement internet. Quelque 200 autres foyers attendent impatiemment leur raccordement.

Cyril Gousse, bénévole de Tetaneutral, a eu cette idée il y a deux ans, quand un ami, installé dans les environs de Saint-Gaudens, lui a confié qu’il envisageait de déménager pour la simple raison qu’il ne pouvait pas travailler chez lui sans Internet. Depuis, désenclaver les zones numériquement sinistrées est devenu sa mission. « La mairie de Martres-de-Rivière nous a sollicités pour installer un réseau Internet fiable. En quelques jours, 80 foyers ont adhéré à Tetaneutral pour y être raccordés », raconte-t-il. Aujourd’hui, Cyril Gousse est accueilli comme un magicien du Web chez les Bouchart. « Pour mon devoir de sciences, j’ai pu chercher des photos de volcans et les imprimer », raconte fièrement Laure.

Alexie Valois